La mobilité durable collective de Copenhague est souvent plébiscitée comme un exemple. Paradis du vélo, régal des urbanistes, la capitale danoise ne cesse de développer une mobilité durable et collective prise en exemple dans le monde entier.

Mobilité durable collective, késako ?

Copenhague, 13 décembre 2018, 17h. Il fait gris, le vent est froid et souffle depuis les fjords norvégiens, il fait 3 degrés. Un temps classique dans la capitale danoise. En bon lyonnais et j’allais traverser la route au feu rouge : il n’y avait comme d’habitude aucune voiture à l’horizon. Au moment de traverser, grand coup de sonnette : un amas collectif de cyclistes me dépasse à 20km/h sans même prendre le temps de ralentir.

C’est le drame qui me hante : je suis tellement habitué à voir des voitures partout que j’en oublie de voir les autres modes de déplacement. La capitale de la mobilité durable me force à ouvrir les yeux sur une altermobilité que je suis le seul à ne pas considérer comme normale.

La fameuse « mobilité durable collective »

Copenhague, le triomphe d’un urbanisme tourné vers le collectif

C’est sûr qu’à bien y regarder, la « mobilité durable» est visible de partout. En traversant la ville de Nørrebro à Amagerbro, on se rend compte de la place du vélo dans le quotidien. Rampes à vélo dans les escaliers, pistes cyclables dans chaque rue, parkings à vélo devant chaque commerce : le vélo est roi. Morten Kabell, chef de projet chez Copenhagenize, indique en effet : « depuis 10 ans, nous dépensons en moyenne 10 millions de € par an pour les infrastructures cyclistes ».

Copenhague à fait un choix fort dans les années 70 en écoutant ses citoyens. Le plan d’urbanisme a donc été repensé. En réduisant l’espace public dédié aux automobiles, la ville a ainsi pu offrir plus d’espace collectif aux habitants. Les trottoirs sont plus large et pris d’assaut par les commerces et cafés. Des parcs naissent ici et là. Des rues sont devenues piétonnes. Les enfants jouent avec sérénité dans la rue.

Vélos devant la gare centrale de Copenhague
Beaucoup de vélos stationnés en gare centrale de Copenhague © Tanguy Petit

La mobilité durable : témoin d’un apaisement social

Søren Holm, natif de Copenhague, m’annonce ainsi que sa ville est « agréable à vivre ». Il ajoute que c’est « une ville verte où les gens sont moins stressés et où il n’y a pas d’embouteillages ». Pour lui, le bien-être général est directement lié aux problématiques cristallisées par la mobilité.

Et je ne peux que lui donner raison, moi qui boit un café en terrasse sous 3 degrés, mais avec des oreilles apaisées. Par la mobilité durable, la ville s’ouvre à sa population. Plus qu’une vraie solution aux problématiques environnementales, Copenhague démontre que les fractures sociales sont adoucies par l’usage des mobilités durables. La réduction de la pollution sonore permet aux habitants de se réapproprier la ville, et permet de nouvelles rencontres. La ville, souvent synonyme d’impersonnalité, redevient un lieu de rencontre et de solidarité, un théâtre collectif.

La transformation en cours d'Elmegade
Elmegade, rue en transition : moins de voitures, plus d’espace public © Tanguy Petit

Et chez nous, on en est où ?

Vers de nouvelles mobilités et des nouvelles pratiques

Plus tard dans l’avion, je pense à mon vélo qui m’attend dans mon garage lyonnais. Mon fidèle compagnon de déplacement urbain aurait apprécié le voyage. Ayant pour habitude de circuler au milieu des voitures, de se faire porter dans les escaliers, mon vélo n’est pas au mieux de sa forme dans la capitale des Gaules. Mais s’il est aujourd’hui plutôt simple de trouver des voies cyclables, l’effort engagé depuis une dizaines d’années par la ville peine à se concrétiser.

La dotation importante d’espace public allouée à l’automobile depuis des décennies l’a rendue toute-puissante à Lyon. La rue Garibaldi, vestige d’une époque où l’on se félicitait d’avoir une autoroute en centre-ville, devient aujourd’hui un symbole. Si les efforts et les dépenses engagés ne sont pas encore dignes de la construction du musée des Confluences, force est de constater un changement de politiques, voire de comportements. On pourrait presque parler de l’évolution d’une société désignée pour la voiture à une société plus ouverte sur les choix modaux.

Les quais de Lyon : aménagements pour vélos et piétons, investis par la population © Jean-Baptiste Lasserre

Des solutions innovantes pour les territoires

La micro mobilité. Voilà le nom que l’on donne actuellement aux solutions « innovantes » déployées à Lyon. Toutefois, s’il est simple de faire un choix modal en pleine capitale de l’une des plus riches régions de France, bon courage si vous habitez en périphéries. Centralisation des services, des capitaux, des emplois, les villes sont également au centre des innovations territoriales en terme de mobilité.

Gare d'Ambérieu-en-Bugey, noeud de mobilité en milieu péri-urbain © Tanguy Petit
Gare d’Ambérieu-en-Bugey, noeud de mobilité en milieu péri-urbain © Tanguy Petit

Des projets émergent malgré tout pour répondre à l’appel des territoires périurbains et ruraux. La voiture est actuellement en cours de régulation dans les centres-villes. Toutefois, elle reste une nécessité pour se déplacer lorsque l’offre de transport collectif est limitée. C’est ici que le covoiturage entre en jeu. PIM Mobility s’ancre dans cette dynamique. Apport de solutions aux territoires périurbains et ruraux, créateur de lien social, l’approche de PIM s’appuie sur les enjeux cristallisés par les déplacements. La mobilité durable et collective de Copenhague arrive en France.

Première expérimentation de PIM Mobility : station intelligente en gare d’Ambérieu-en-Bugey © Tanguy Petit

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