Cette article s’appuie sur plusieurs travaux universitaires internes, d'expériences liées aux activités de conseil et de gestion de projet de la société PIM Mobility

Les limites du tout automobile 

Pouvoirs publics, sociétés et usagés ont conscience aujourd’hui, et depuis plusieurs décennies désormais, des multiples impacts socioéconomiques liés aux dépendances du système automobile.Les flux massifs quotidiens, pendulaires, des automobilistes se déplaçant seuls dans la voiture, particulièrement au départ des périphéries de grandes villes, généreraient des effets directs et indirects sur la perte d’attractivité des territoires adjacents, des dépenses annuelles publiques colossale et d’importants manques à gagner pour les employeurs :

  •   Effets directs et indirects sanitaires par le développement de maladies chroniques liées à la pollution atmosphérique induite
  •   Effets directs par la dégradation des écosystèmes naturels et anthropiques
  •   Dépréciation immobilière liée aux nuisances sonores, visuelles et olfactives
  •   Dépendances à la voiture, aux hausses des prix du carburant et autres coûts d’entretien
  •   Croissance des distances domicile-travail
  •   Fluctuation des prix de l’immobilier
  •   Etc

La multimodalité des territoires

La multimodalité est un terme employé en géographie des transports pour désigner la présence et l’organisation de modes de transports multiples dans un même secteur.

L’intégration d’au moins deux modes de transport dans le cas d’un déplacement, ici intermodal, en ”porte à porte” n’est assuré que dans les territoires à forte densité urbaine disposant d’un Plan de Déplacement Urbain (PDU), plan de gouvernance des réseaux de transports urbain à haut niveau de service.La multimodalité est rendu possible dans les Métropoles, Communautés Urbaines voir Communautés d’Agglomération. Néanmoins, l’accès et la continuité entre les modes de transport est bien moins certains dans les regroupements communaux plus périphériques.

En finalité, l’accès à cette multimodalité, c’est un peu comme l’internet très haut débit. Quand on ne l’a pas, on se contente de ce qui fonctionne, auquel cas, sa propre voiture en solo pour ses besoins du quotidien.

La proposition du MaaS comme lien entre les transports

Le MaaS, Mobility as a Service, a pour ambition d’unifier plusieurs services/modes de transport en un seul, créer un guichet unique pour faciliter la vie des voyageurs.

En l’état actuel, ce concept ne s’applique encore qu’à l’hyper urbain. Sous la forme d’applications, des calculateurs intermodaux sont capables de proposer les meilleurs offres de transports du réseau selon l’itinéraire demandé. C’est un peu le Tripadvisor de la mobilité. On valorise la lecture des services présents dans les cadre d’une  recherche pour proposer le meilleur itinéraire.

Pour les territoires moins denses, non desservis par les réseaux de transports urbains, la proposition MaaS est un peu plus complexe, surtout quand on sait que la voiture représente en moyenne 85 à 95% des déplacements globaux réalisés !

Il y a là de gros travaux d’identification et de valorisation de pôles à réaliser, favorisant l’échange entre les transports en commun et la voiture.

La promesse du covoiturage quotidien pour ces territoires

Au vu de l’omniprésence de la voiture dans les territoires périurbains, il serait utopique de penser à son remplacement progressif. En cela, dans toute constitution de plan de mobilité ou autres organisations, la voiture doit, semble-t-il, toujours être considérée comme la première offre de transport du territoire.

Parallèlement, le très faible taux de remplissage des voitures en circulation sur les routes, soit près d’1 personne/véhicule pour les trajets du quotidien, laisse penser que des mêmes déplacements peuvent être mutualisés par du covoiturage.

La pratique semble de surcroît riche en bénéfices. 

Rapidement, listons des exemples d’intérêts liés à la pratique du covoiturage régional pour ses usagers :

En effet, en plus de bénéficier des économies faites lors de leurs trajets effectués en covoiturage, les usagers profitent de sa convivialité tout en conservant le confort d’un cadre privé et la souplesse de la voiture.

 Ces avantages peuvent être :

  • Réduire l’usure de sa voiture 
  • Le bénéfice du trajet en voiture pour l’usager n’ayant pas de permis de conduire ou de véhicule, souvent en situation précaire face à la mobilité
  • La lutte contre la fatigue au volant par le dialogue
  • Les rencontres opportunes pour le travail
 

Dans le cadre d’un intérêt plus général, l’optimisation du trafic routier par la maîtrise d’une nouvelle offre de transport collaborative permettrait de lever des freins à deux composantes essentielles de l’attractivité des territoires :

  •  L’accès à l’emploi
  •  Le dynamisme des bassins de vie
 
 
D’autre part, nous retenons que le frein majeur de la pratique du covoiturage pour les trajets du quotidien vient des conflits d’usage et d’organisation entre conducteurs et passagers sur la question des premiers et derniers kilomètres. De plus, cela accentue la crainte du conducteur à devenir passager.
 
Premier déploiement dans le territoire de la Plaine de l’Ain

Afin d’assurer la bonne pratique du covoiturage quotidien dans la Plaine de l’Ain, nous facilitons son lien avec les trains TER, les bus et du vélo électrique en libre service pour commencer et finir son trajet.

Le territoire de la Plaine de l’Ain, premier bénéficiaire du dispositif

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